Dépannage · Litiges et frais

Comment contester une rétrofacturation

Un avis de rétrofacturation ne signifie pas que vous avez perdu : vous avez le droit de vous défendre via un processus appelé représentation (representment). La clé, c’est d’agir vite — les délais de réponse peuvent être aussi courts que quelques jours selon le réseau de cartes — et de fournir des preuves qui réfutent directement le motif invoqué par le titulaire de carte. Ce guide vous explique le processus complet, étape par étape, sans jargon inutile.

Marche à suivre

  1. 01

    Lire l’avis dès réception

    Ouvrez l’avis de rétrofacturation envoyé par votre acquéreur (courriel, portail marchand ou courrier). Notez le montant, la date de transaction contestée, le code de motif et — surtout — la date limite de réponse.

  2. 02

    Identifier le code de motif

    Le code de motif détermine quelles preuves sont pertinentes. Cherchez le code dans les ressources de Visa, Mastercard, Amex ou Interac, ou demandez une explication à votre acquéreur. Ne rassemblez pas des preuves au hasard : ciblez exactement ce que le code allègue.

  3. 03

    Décider : contester ou accepter

    Si vous avez des preuves solides, contestez. Si la rétrofacturation est légitime (le client a réellement été lésé) ou si vos preuves sont trop faibles, accepter la perte peut être plus économique que de payer des frais de représentation pour perdre quand même.

  4. 04

    Réunir vos preuves

    Rassemblez tous les documents qui réfutent le motif invoqué : reçus signés, confirmation de livraison, correspondance client, données AVS / CVV, captures d’écran de l’acceptation des conditions, etc. Organisez-les clairement — le réseau reçoit votre dossier tel quel.

  5. 05

    Rédiger votre lettre de réfutation

    Rédigez une lettre courte et factuelle qui résume vos preuves et explique pourquoi le motif du litige ne tient pas. Évitez les émotions ; soyez précis et direct. Référencez chaque pièce jointe explicitement.

  6. 06

    Soumettre via votre acquéreur avant la date limite

    Déposez votre dossier complet dans le portail de contestation de votre acquéreur (Moneris, First Data, Global Payments, etc.) ou envoyez-le selon les instructions reçues. Ne dépassez pas la date limite — un dossier tardif est automatiquement rejeté, même si vos preuves sont irréfutables.

  7. 07

    Attendre la décision du réseau

    Le réseau de cartes (Visa, Mastercard, etc.) évalue les deux parties et rend sa décision. Si vous gagnez, le montant est recrédité sur votre compte. Si vous perdez et disposez de preuves supplémentaires, certains réseaux permettent un niveau d’arbitrage additionnel — demandez à votre acquéreur si cette option s’applique à votre dossier.

Comment fonctionne la contestation (représentation)

Quand un titulaire de carte conteste une transaction auprès de sa banque émettrice, celle-ci débite provisoirement votre compte et transmet l’avis à votre acquéreur (Moneris, First Data / Fiserv, Global Payments, TD Merchant, etc.), qui vous le relaie. L’avis contient un code de motif — par exemple « fraude non reconnue », « marchandise non reçue » ou « non conforme à la description » — et une date limite de réponse.

Vous avez deux choix : accepter la perte (et ne rien faire) ou contester en soumettant des preuves convaincantes via votre acquéreur. Si vous contestez, votre acquéreur transmet le dossier au réseau (Visa, Mastercard, Amex, Interac), qui tranche selon ses règles. Si vous ne répondez pas avant la date limite, vous perdez automatiquement.

Les délais varient selon le réseau et votre acquéreur. Pour Visa, la fenêtre de réponse peut être aussi courte que 9 jours au Canada et aux États-Unis selon les règles en vigueur en 2025. Pour Mastercard, la fenêtre est généralement plus longue. Vérifiez toujours la date inscrite dans votre avis — c’est la seule qui compte.

Preuves convaincantes à réunir selon le motif

Votre preuve doit réfuter directement le motif du litige. Un même document peut être déterminant ou totalement inutile selon le code de motif — lisez-le attentivement avant de constituer votre dossier.

  • Reçus signés ou bon d’autorisation imprimé (preuves en magasin)
  • Confirmation de livraison avec numéro de suivi et, idéalement, signature du destinataire
  • Correspondance écrite avec le client : courriels, messages textes, appels consignés
  • Preuve que le client a accepté vos conditions d’utilisation ou de vente avant le paiement
  • Données AVS et CVV correspondantes au moment de l’autorisation (transactions sans carte présente)
  • Adresse IP, empreinte d’appareil ou date / heure exacte de la transaction en ligne
  • Photos ou description détaillée prouvant que la marchandise était conforme à l’annonce
  • Politique de remboursement ou d’annulation communiquée au client avant la vente
  • Pour Visa : les règles Compelling Evidence 3.0 permettent de contester le code de motif 10.4 (fraude sans carte présente) en soumettant deux transactions antérieures non contestées utilisant les mêmes informations de paiement et partageant au moins deux éléments communs (adresse IP, empreinte d’appareil, adresse de livraison) — vérifiez les critères exacts avec votre acquéreur

Prévenir les rétrofacturations avant qu’elles arrivent

La « fraude amicale » (friendly fraud) — quand un client légitime conteste un achat qu’il a bel et bien autorisé — représente une part importante des rétrofacturations. Beaucoup sont évitables avec de bonnes pratiques opérationnelles.

  • Utilisez un descripteur de facturation clair : le nom qui apparaît sur le relevé du client doit correspondre à votre enseigne — les clients qui ne reconnaissent pas le nom appellent leur banque.
  • Obtenez une signature ou une confirmation explicite sur chaque transaction significative.
  • Conservez vos dossiers de vente et de livraison au moins 18 mois.
  • Réglez les mécontentements directement avec le client avant qu’il contacte sa banque — un remboursement volontaire coûte moins qu’une rétrofacturation.
  • Activez la vérification AVS et CVV pour toutes les transactions sans carte présente.
  • Expédiez toujours avec un numéro de suivi et communiquez-le au client.
  • Affichez clairement vos politiques de retour et d’annulation avant le paiement.

Et chez BorderPay ?

Les rétrofacturations sont inévitables dans le commerce — mais les frais cachés qui s’y greffent, eux, ne le sont pas. Chez de nombreux acquéreurs, chaque rétrofacturation déclenche des frais de litige non divulgués au contrat, et parfois des pénalités si votre taux dépasse un seuil que personne ne vous a communiqué. Chez BorderPay, notre promesse de tarification sans frais cachés s’étend aux litiges : vous savez exactement ce que vous payez, en français ou en anglais, sans surprise sur votre relevé. Si vous êtes las de découvrir des frais que personne ne vous a expliqués, parlez-nous.

Questions fréquentes

On répond à vos questions

Quel est le délai pour contester une rétrofacturation ?
Le délai est indiqué dans votre avis et varie selon le réseau et votre acquéreur. Pour Visa, il peut être aussi court que 9 jours au Canada selon les règles en vigueur en 2025. Pour Mastercard, la fenêtre est généralement plus longue. Traitez l’avis dès réception et ne présumez jamais d’avoir du temps devant vous.
Qu’est-ce que la « fraude amicale » (friendly fraud) ?
La fraude amicale survient quand un client légitime conteste une transaction qu’il a bel et bien autorisée — parfois par commodité, parfois par oubli, parfois délibérément. C’est précisément pour ce type de litige que des preuves solides (signature, livraison confirmée, communication écrite) font la différence lors d’une contestation.
Quelles preuves sont les plus convaincantes ?
Cela dépend du code de motif. En général, les preuves les plus solides sont : la signature du client, une confirmation de livraison avec suivi, des échanges écrits avec le client et la preuve que les conditions ont été acceptées avant le paiement. Pour les transactions en ligne, les données AVS / CVV correspondantes et l’adresse IP renforcent considérablement votre dossier.
Que se passe-t-il si mon taux de rétrofacturation est trop élevé ?
Visa et Mastercard imposent des programmes de surveillance aux commerçants dont le taux dépasse leurs seuils. Ces programmes entraînent des frais additionnels et, dans les cas extrêmes, la résiliation de votre capacité à accepter les cartes. Consultez votre acquéreur pour connaître votre taux actuel et les seuils applicables — ils varient selon le type de commerce.
Puis-je contester une rétrofacturation Interac ?
Le processus de litige pour les transactions Interac Débit est distinct de celui des réseaux Visa et Mastercard et suit les règles d’Interac et les procédures de votre acquéreur. Contactez votre acquéreur directement pour connaître vos options — les délais et les exigences de preuves peuvent différer.

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